Son année de naissance reste incertaine : 1898, 1902 ou 1908
cependant les registres de la province d'Ad Daqahliyah
indiquent la date du 4 mai1904, pour sa naissance,
décédée le 3 février 1975 au Caire.
Plus de 30 après sa mort elle est toujours surnommée :
l'« Astre d'Orient »
Sa voix puissante et claire aurait fait dire à Maria Callas,
qu'Oum Kalsoum avait une voix incomparable.
Le général de Gaulle l'appelait « La Dame".
En Egypte et au Moyen-Orient, elle est considérée comme
la plus grande chanteuse et musicienne, comme "la quatrième pyramide"
Aujourd'hui encore, elle jouit d'un statut presque mythique parmi les jeunes.
Elle est également très populaire en Israël parmi les juifs et les arabes
et ses disques se vendent encore à environ un million d'exemplaires par an."
Jeunesse
Si l'on ne connait pas avec précision sa date de naissance,
cela vient du fait qu' il n'était pas rare, à cette époque ,
et surtout dans les régions rurales,
d'enregistrer les enfants plusieurs mois ou années après leur naissance.
Oum Kalsoun est issue d'une famille pauvre de trois enfants.
Sa soeur est de dix ans plus agée et son frère de un an.
Sa mère est femme au foyer et son père, est imam.
Afin d'augmenter les revenus de la famille,
il chante régulièrement des chants religieux lors de mariages
ou de divers cérémonies dans son village et aux alentours.
La famille vit dans une petite ville dans le delta du Nil.
C'est en écoutant son père enseigner le chant à son frère aîné
qu'Oum Kalson appris à chanter.
Elle apprenait certaines chansons par cœur
et lorsque son père se rendit compte
de ce qu'elle savait ainsi que de la puissance de sa voix,
il lui demanda de se joindre aux leçons.
Très jeune, la petite fille montre des talents de chanteuse exceptionnels,
au point qu'à 10 ans son père la fait entrer
(déguisée en garçon) dans la petite troupe qu'il dirige.
A 16 ans, elle est remarquée par un chanteur alors très célèbre,
et par un joueur de luth, tous deux l'invitant à les accompagner au Caire.
Elle attendra d'avoir atteint l'âge de 16 ans pour répondre à l'invitation,
et pour se produire (toujours habillée en garçon) dans de petits théâtres,
fuyant soigneusement toute mondanit.
Succès, films et patriotisme
Très vite, deux rencontres déterminent sa vie.
Celle de Ahmed Rami tout d'abord, un poète qui lui écrira 137 chansons
et l'initiera à la littérature française,
Mohamed El Qasabji, ensuite ( virtuose du luth),
lui ouvre le Palais du théâtre arabe,
l'occasion pour Oum Kalthoum de premiers grands succès.
En 1932, sa notoriété est telle qu'elle entame sa première tournée orientale :
Damas, Bagdad, Beyrouth, Tripoli, etc.
Cette célébrité lui permet également, en 1948,
de rencontrer Gamal Abdel Nasser,
qui ne cache rien de son admiration et qui officialise
en quelque sorte l'amour de l'Egypte pour la chanteuse,
amour réciproque puisque Oum Kalsoum donnera
de nombreuses preuves de son patriotisme.
Parallèlement à sa carrière de chanteuse, elle s'essaie au cinéma,
mais délaisse assez vite le septième art,
le face-à-face avec le public lui faisant cruellement défaut.
Vie privée
En 1953, elle épouse un homme qu'elle respecte et admire,
son médecin depuis de nombreuses années.
Ses concerts et sa voix
L’artiste n’a chanté qu’une seule fois en dehors du monde arabe :
c’était à Paris, à l’Olympia, en 1967.
en 1967 dans les jardins du Luxembourg à Paris
et le président Charles de Gaulle lui envoie un télégramme de félicitations.
Oum Kalsoum chante la religion, l'amour et la nation égyptienne.
Amie du président Nasser, elle constitue avec lui,
l'un des symboles les plus forts de l'unité nationale égyptienne.
Peu après la guerre de 1967 avec Israël,
elle donne une série de concerts nationaux et internationaux,
dont elle reverse les bénéfices au gouvernement égyptien.
La diva reste également dans les cœurs comme la "Cantatrice du peuple",
s'investissant dans des œuvres de charité et distribuant son argent aux pauvres.
L'une de ses biographies note qu'elle aurait aidé
plus de deux cents familles de paysans au cours de sa vie.
Revendiquant ses origines paysannes,
la chanteuse a toujours vécu sans ostentation,
souhaitant rester proche de la vie de ses compatriotes.
Il est difficile de mesurer correctement l'étendue de sa voix
car nombre de ses chansons ont été enregistrées en direct
et elle prenait soin de ne pas forcer sa voix
à cause de la durée de ses performances.
Oum Kalsoum a acquis sa technique de chants durant son enfance
lorsqu'elle récitait des versets du Coran,
ce qui lui a permis de développer sa voix car ces récitations
requièrent une sensibilité musicale de l'oreille
et des techniques proches des méthodes utilisées
pour entraîner les chanteurs d'opéra ou de chœurs.
Difficile pour un occidental d’imaginer la ferveur
que provoquait chaque apparition publique d’Oum Kalsoum
et decomprendre de quelle manière elle pouvait provoquer
chez son auditoire le tarab, ce plaisir se rapprochant de l’extase.
Chanteuse avant tout, rien ne la comblait plus
que d’être au contact de son public.
douée d'un timbre très riche et d'une diction parfaite,
elle chantait aussi bien en arabe classique qu'en dialectal.
En 1967, le Figaro avait écrit d’elle :
«La Callas, plus Edith Piaf, plus Mahalia Jackson
et l’on aurait à peine une petite idée de ce que représente Oum Kalsoum.»
Décès
Depuis 1967, Oum Kalsoum souffre de néphrite aiguë.
En Janvier 1973, elle donne son dernier concert
et les examens qu'elle pratiqua montrèrent qu'elle est inopérable.
Aux États-Unis, où son mari la conduit,
elle bénéficie un temps des avancées pharmaceutiques mais en 1975,
rentrée au pays, une crise très importante la contraint à l'hospitalisation.
La population de son petit village natal psalmodie toute la journée le Coran.
Oum Kalsoum meurt d'une crise cardiaque à l'hôpital.
Ses funérailles
Le corps devait initialement être porté jusqu'à un véhicule
qui l'aurait amené à sa dernière demeure
mais face à l'afflux de personnes venues pleurer la chanteuse,
et contrairement à la tradition musulmane,
les autorités ont repoussé les obsèques de deux jours.
Ses funérailles ont déclenché des scènes de détresses collectives
et la foule venue saluer le corps a dépassé le nombre attendu.
Des stars du cinéma, des poètes, des hommes d'affaires, des ambassadeurs,
des ministres ainsi que de nombreux anonymes
ont formé un cortège de plus d'1,5 km
(pour environ trois millions de personnes).
Les Caïrotes se sont emparés du cercueil et l'ont promené pendant trois heures
dans les rues avant de l'amener à la mosquée al-Sayyid Husayn,
une des favorites d'Oum Kalsoum.
Elle a été enterrée auprès de ses parents et de son frère.
En 2001, le gouvernement égyptien a inauguré
le musée Kawkab al-Sharq en mémoire de la chanteuse.
Le musée abrite une série d'effets personnels ayant appartenu à Oum Kalsoum,
dont ses célèbres lunettes de soleil et écharpes mais également des photos.
Un collier adjugé prés d'un million d'euros