Victor Vasarély
de son vrai nom
Vásárhelyi Győző
9 avril 1908 Pecs en Hongrie, Paris le 15 mars 1997
Vasarély est un peintre spécialiste des effets cinétiques, lithographe, cinéaste,
plasticien reconnu comme étant le père de l'art optique ou Op art.
Il quitta une formation en médecine, études qui développèrent en lui un esprit méthodique,
de recherche, au bout de deux ans, s'intéressa à l'art abstrait
et à l'enseignement du Bauhaus de Budapest, où régnait une grande foi dans le progrès technologique.
Bauhaus de Budapest,
L'art abstrait se répand dans toute l'Europe centrale, il ne vise pas la représentation visuelle de la réalité.
Le concept de représentation est abandonné.
Vasarély s'opposait avec véhémence à l'idée de l'artiste comme personne égocentrique;
comme dans l'œuvre de nombre de ses contemporains plus jeunes des années 1960,
il n'y a aucun indice de l'artiste dans ses tableaux.
"Cheessboard" 1935, gouache, 60 x 40 cm
Au début des années trente, il s'installa à Paris avec sa femme, où il continua à travailler dans la publicité ;
il prendra par la suite la nationalité française. L'art de Vasarély se veut accessible par la masse, anti-élitiste.
Vasarély généralise l'utilisation du compas et de la règle, afin d'adopter un ton plus objectif, plus rigoureux.
La géométrie de l'espace est également très prisée par les abstraits tels que
Kandinsky
Mondrian
Vasarely s'intéresse aux sciences physiques et à la biologie, il s'intéresse aux théories la relativité d'Einstein.
Ces savants ont orienté leur réflexion vers la physique et la lumière. Les découvertes dévoilent de nouveaux horizons.
L'optique théorique impressionne Vasarély qui accorde une grande importance à la perception visuelle,
elles décrivent un monde invisible mais réel.
C'est alors qu'il a effectué son premier travail majeur,
"Zebra" 1938
qui est considéré aujourd'hui comme le premier travail dans le genre Op' art.
Le tableau est fait entièrement de bandes diagonales noires et blanches tordues
d'une manière à donner une impression tridimensionelle d'un zèbre assis.
Pendant les deux décennies suivantes, Vasarely développa son propre modèle d'art abstrait géométrique,
travaillant dans divers matériaux mais employant un nombre minimal de formes et de couleurs.
Son travail lui a valu une renommée internationale et il reçu plusieurs prix prestigieux.
De 1930 à 1943
il poursuit ses recherches sur les arts graphiques et plastiques,
tout en développant un métier de conceptions et de créations à caractère publicitaire.
La deuxième guerre mondiale éclate en Europe et l'invasion allemande entraîne
la disparition chez beaucoup d'artistes de la spontanéité, le Nazisme impose des modèles à suivre.
Cependant des artistes pendant l'occupation trouvent un nouveau souffle et participent à l'art abstrait,
l'art optique et cinétique se développe à la même époque.
1944
Vasarély à 36 ans, il est conscient que ses recherches personnelles lui confèrent une certaine originalité
et que son oeuvre est compatible avec la seconde moitié du 20ème siècle.
Il expose pour la première fois en 1944.
I l consacre dès maintenant la plus grande partie de son activité à la peinture.
L'art abstrait, le fauvisme, le cubisme et le surréalisme suscitent une seconde génération d'art abstrait
dont l'une des tendances est l'art cinétique et optique.
Ces tendances sont totalement méconnues entre 1930 et 1940,
au contraire d'artistes tels que Picasso, Matisse et Braque.
Comme les surréalistes, Vasarély estime que la création d'une oeuvre s'effectue essentiellement dans l'esprit ;
les imperfections des tableaux dues aux erreurs de l'artiste utilisent le hasard qui fait partie de la création.
Vasarély utilise un système de géométrisation des formes, comme Kandinsky et les cubistes.
L'artiste tente de simuler par une série de signes graphiques le déplacement des formes.
"Les oeuvres de Vasarély seraient des images retravaillées par la mémoire
et ayant ainsi acquis une quatrième dimension, le temps."
Il travaille à partir de 2 formes essentielles :
le carré et le rond qu'il oppose tout en les associant.
Vasarély et les cinéticiens ont tenté de standardiser les couleurs,
de lui donner un langage symbolique et conventionnel, dont les caractères sont combinables.
Vasarély est conscient en 1944 de son oeuvre.
Sa peinture est composée de formes élémentaires qui représentent chacune une partie de l'univers,
chaque forme possède les caractéristiques du tout (3 dimensions, effet de lumière).
1947
Début et développement de la période Belle-Isle.
"Sauzon" - Belle Isle Brittany. Collage 1947-69.
1948
période cristal
"Zebegen"
1951
période Denfert.
Vasarély utilise la photographie pour agrandir ou réduire certaines de ses oeuvres exécutées à la main;
il superposait parfois le négatif à l'image originelle et avec des légers décalages obtenait des formes changeantes,
accentuées, aléatoires. Ces oeuvres sont appelées photographismes
et sont pour la première fois exposées à la galerie Denise-René dont il est le cofondateur (1952).
"Tribute to Malevitch" 1954, Central University of Venezuela
1955 : il effectue des travaux d'architecture, des tapisseries, un film d'artiste.
Certaines de ses oeuvres sont placées dans des collections particulières et d'Etat.
Suivra ensuite une longue période où Vasarely se voit remettre de nombreux prix.
1964
période permutationelle.
"Capella" I 1964
1966
période déformations.
"Duo-2" 1967 Acrylic 31 X 40.6 cm
"Anaxo" 1970-73, huile 80 x 80 cm
"Untitled 2"
L'Op art
Art cinétique ou « optique », est un terme utilisé pour décrire certaines peintures faites à partir des années 1960
et qui exploitent la faillibilité de l'œil à travers des illusions optiques.
Les œuvres Op art sont en général abstraites. Les pièces les plus connues sont réalisées en noir et blanc
et donnent l'impression de mouvement, d'éclat de lumière et de vibration,
ou alternativement de ballonnement et de gauchissement.
C'est à New York, en 1965, que le mouvement connut un début de reconnaissance internationale
avec l'exposition du MOMA intitulée
"L'œil réceptif".
Les tableaux avaient des surfaces illusionnistes qui déclenchaient des réactions visuelles extraordinaires chez le spectateur.
Ambiguïtés spatiales et sensations de mouvement étaient engendrées par divers procédés,
dont la manipulation de dessins géométriques et la juxtaposition de couleurs intenses.
Les origines du l'op art remontent aux théories visuelles développées par Kandinsky et d'autres artistes dans les années 1920.
Au Bauhaus, l'école des beaux-arts fondée en Allemagne en 1919 pour explorer une esthétique fonctionnelle moderne,
les étudiants en design industriel apprenaient les principes de la couleur et du ton d'une façon structurée.
La manière dont une couleur est perçue dépend de son contexte;
par exemple, certaines couleurs « vibrent » lorsqu'elles sont appliquées les unes contre les autres.
Dans les tableaux noirs et blancs réalisés au milieu des années 1960,
l'artiste britannique Bridget Riley
introduisit de légères modifications au sein de structures, dans l'ensemble, géométriques.
Variant les formes et les tons, ces œuvres déclenchaient des oscillations et des ondulations optiques.
L'illusionnisme de Riley était particulièrement désorientant
et insupportable pour les admirateurs de l'abstraction moderne « classique » et de l'expressionnisme abstrait.
Riley, 1961
Moins d'un an après l'exposition de Riley à New York, l'op art était connu en Grande-Bretagne et aux États-Unis.
Cette célébrité n'était pas due à une augmentation soudaine de la fréquentation des galerie,
mais au fait que les procédés visuels des artistes furent repris presque immédiatement
par le monde de la mode et du design graphique.
Soudain, des dessins d'op art étaient partout, adaptés sur toutes sortes de produits.
Une menace planait sur la plupart des abstractions du XXe siècle était l'idée que celles-ci pourraient être considérées
comme "décoratives", agréables, mais néanmoins dénuées de sens.
Le l'op art n'était pas un art de significations profondes et symboliques.
Les artistes op eux-mêmes réduisaient l'abstraction à une sorte de design.
Tout ce jouait sur l'expérience visuelle immédiate du spectateur. Le mouvement a reçu un accueil vraiment mitigé.
D'autres artistes connus de ce type d'art inclus Alexander Calder, Agam, Daniel Buren etc..
Le mot d'Harmony
"Si je me suis beaucoup amusée avec les effets optiques de Vasarely,
si j'ai apprécié les mobiles de Calder,
j'avoue que les colonnes de Daniel Buren
plaçées dans la cour d'honneur du Palais-Royal à Paris, m'ont horripilées."
La Fondation Vasarely
fut érigée en 1976 par Victor Vasarely, en la créant, il a voulu démontrer qu'il était possible d'intégrer l'art à l'architecture.
Claire et Victor Vasarely ont entièrement doté et financé cette institution à but non lucratif reconnue d'utilité publique en 1971,
avec des donations inaliénables considérables pendant plus de vingt-cinq années.
La Fondation Vasarely est gérée de 1981 à 1993
par l'Université de droit, d'économie et des sciences d'Aix-Marseille III, aujourd'hui Université Paul Cézanne.
Michèle-Catherine Taburno-Vasarely, belle-fille des fondateurs, ancienne présidente de la Fondation de 1995 à 1997,
prend possession en 1997, de près de 500 œuvres originales inaliénables du Musée de Gordes,
de 798 études inaliénables sur l'Art et la Cité du Centre architectonique d'Aix-en-Provence
. Des œuvres anciennement inaliénables sont expatriées et vendues.
La succession Vasarely est débitrice fiscalement de plusieurs millions d'euros et a perdu presque tous ses fonds et collections.
En 2006, année du centenaire de la naissance de Victor Vasarely
et trentième anniversaire de l'inauguration du Centre d'Aix-en-Provence,
l'association pour la défense et la promotion de l'œuvre de Vasarely, présidée par Pierre Vasarely,
unique petit-fils et légataire universel de Victor Vasarely, se bat pour que la Fondation Vasarely recouvre ses collections.
L'association a mis en ligne en décembre 2007 une pétition :
www.sauvonslafondationvasarely.fr.
Un art pour tous
Témoignant d'une réflexion sur l'art et du regard avant gardiste que Victor Vasarely portait sur le rôle de l'artiste au XXe siècle,
la Fondation fut créée pour vulgariser l'art sans discriminations culturelles ou sociales : un art pour tous ; accessible à tous.
Photo de la fondation Victor Vasarely à Aix en Provence au Jas de Bouffan.
D'architecture avant-gardiste, la Fondation est pensée comme une gigantesque sculpture lumino-cinétique
où les animations optiques de la façade préfigurent les jeux cinétiques
des 42 intégrations monumentales que l'on découvre à l'intérieur du bâtiment.
Les travaux les plus connus de l'artiste sont présentés à la Fondation sous forme d'œuvres monumentales
permettant au visiteur d'apprécier l'aboutissement auquel Vasarely
amène la peinture abstraite géométrique sous le nom d'art cinétique.
La Fondation présente les œuvres de Vasarely, promoteur de ce mouvement, celles de son fils Yvaral,
ainsi que celles d'artistes contemporains qui travaillent sur les interactions entre l'œuvre et le public
dans des expositions temporaires.
Cote de l'artiste
"Ibadan-Pos" 1957, 190 cm sur 170 cm et constituée de traits noirs sur un fond blanc,
a été vendue pour 226 000 euros.
Le mot d'Harmony
"Hélas, trois fois hélàs, je n'ai pas trouvé de photos, même en envoyant un mail au site de l'église concernée.
Les deux seules oeuvres religieuses de Vasarély, se trouvent dans l'église Saint-Louis, à Marseille.
Les deux toiles monumentales sont exposées depuis septembre 2005 .
Elles étaient conçues comme un diptyque : Le Christ (5,66 x 3,24 m) et Saint-Pierre (5,73 x 3,10 m).

"Gordes" 1972, Vasarély père et fils
Les toiles, réalisées en 1991 par Vasarely et son fils Yvaral, sont en partie figuratives,
tout en conservant les jeux de structure aux effets de grille qui ont fait la renommée de Vasarély."
Petite "chose" amusante, Vasarely : "Lorraine" pour la ville de Domremy, litho, Chemin de fer de l'est.
sources diverses